Pour toi, mon papa!

 



C'est moi, ton enfant, qui attend avec impatience l'instant de te connaître;
je suis là... juste à côté de toi,
et il te suffirait de placer ta main sur le ventre
de maman
pour que je reçoive de toi ma première caresse
et en même temps,
pour que maman soit encouragée;
elle est tellement inquiète à présent que je suis là,
c'est une lourde responsabilité de porter un enfant,
et il faut vraiment être deux pour le faire.

Toi, tu es près d'elle, et moi je suis en elle, grâce à toi.
Je vis près de son cœur et je devine tout,
rien qu'à l'entendre battre.
Tiens...quand ton pas retentit dans l'escalier,
il bat plus fort; quand tu rentres tard où que
tu parles un peu fort, il lui fait mal, et il pleure
quand tu oublies de la prendre dans tes bras
pour t'endormir...tu sais, papa, là où je suis et
bien malgré moi, je suis le témoin de bien des
choses et le confident
bien involontaire et impuissant.

C'est pourquoi, papa, je te demande
de prendre bien soin  de maman;
cela n'a l'air de rien de porter un enfant,
mais je suis exigeant, moi !
Tu m'a donné le premier souffle de vie,
mais maman doit continuer à l'entretenir.
C'est elle qui m'aide à former mon cœur, mes reins,
mes poumons, mon sang, et mon cerveau,
et ma chair qui va recouvrir tout cela.
C'est elle aussi qui m'aide à l'obtenir ;
et, malgré cette lourde charge,
maman continue comme
avant à entretenir le foyer que bientôt
j'habiterai avec vous.

Un enfant, c'est le plus beau joyau de la création
et la mère en est l'écrin le plus extraordinaire;
mais à quoi bon si le principal artisan
est indifférent à son œuvre.
Oh! je sais, papa, que ton indifférence n'est
pas réelle et
qu'au fond de toi tu aspires
à me connaître et à m’aider.

Là, où je suis dans cet écrin chaud et douillet que
tu as choisi pour moi, il m’arrive de m'endormir à des heures irrégulières ou encore
d'être dérangé par la digestion
de maman, je ne lui en fait pas de reproches, mais,
vois-tu, elle ne prend son repas du soir et elle ne
va se coucher que lorsque tu es rentré...

Je ne sais pas encore si je suis une petite fille ou
un petit garçon, mais ce que je sais,
c'est qu'avec votre aide,
je serai le plus bel enfant du monde,
et aussi le plus aimant
et que je vous chérirai toute ma vie.

Papa, il faut que je te quitte, et pour que tu sois tout à
fait à ton aise, je te promets de fermer les yeux
dès que tu auras fini de lire ce message...

Oh ! papa...
tu viens d'embrasser maman...
Elle a fermé les yeux et il fait tout noir.........

Bonsoir Papa !
Bonsoir Maman !

 

De votre petit embryon,
...qui vous aime déjà beaucoup beaucoup.

 

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