Comment aider mon chien qui a peur de tout

Mon chien a peur de tout: Comment l’aider?

Peur de l’eau, de la voiture, des orages, des gens… Il existe aujourd’hui tellement de types de peurs chez nos chiens qu’on trouve des livres, des articles et des sites web entiers consacrés au sujet. Mais pourquoi tant de peurs?

Les mécanismes de la peur

D’abord, la peur est essentielle à la survie. Un jeune animal dans la nature qui n’aurait peur de rien et vivrait des situations à risque ne ferait pas long feu. Lors du développement des chiots, il existe des périodes pendant lesquelles les mécanismes de défense se mettent en place et où les bébés apprennent l’évitement, la fuite, etc.

La peur de l’inconnu se manifeste généralement entre la 8e et la 11e semaine, s’amplifie et s’opposer à la curiosité naturelle du chiot.

Périodes cruciales: l’assimilation et la socialisation

Pendant les périodes d’assimilation et de socialisation (entre l’âge de 1 et 5 mois), il est essentiel de protéger le chiot de toute situation stressante. Un chiot qui vit une expérience effrayante ou douloureuse pendant cette période sera plus facilement nerveux, stressé et craintif.

Voilà pourquoi la 1ere visite d’un chiot chez son vétérinaire devrait se dérouler avec douceur, jeux et récompenses. Sinon, l’animal risque de vivre un inconfort et il voudra ensuite fuir ou éviter cette situation; afin de se protéger puisqu’il considèrera cet endroit comme un danger et pourrait aller jusqu’à mordre.

Le chien craintif: un incompris!

Le chien craintif est probablement l’un des chiens les plus incompris de la terre! S’il déploie un mécanisme naturel de défense quand il se sent menacé (grogner ou aboyer, par exemple), il sera majoritairement puni par son maître, qui trouve le comportement inapproprié. De plus, beaucoup de gens vont croire leur chien «dominant» et essayer de le remettre à sa place afin de lui montrer«qui est le chef»…

Qu’est-ce qu’un chien craintif et qui aboie exprime réellement? Quelque chose qui ressemble à ceci: «J’ai peur, n’avance pas. Respecte mon avertissement, car je risque de mordre pour me défendre.» Un chien apeuré qui aboie puis se fait réprimander n’en comprend pas du tout la raison. Confus, il tentera simplement d’éviter la réprimande à l’avenir, parfois en sautant l’étape de l’aboiement pour passer directement à celle de la morsure.

Ainsi, il est essentiel de ne jamais punir ou tenter d’empêcher un grognement, car c’est de cette façon que l’animal exprime son inconfort et ses limites.

Doit-on rassurer un chien qui a peur?

D’abord, il faut savoir que la croyance selon laquelle «rassurer un chien qui a peur risque de le rendre encore plus craintif» est fausse. Cette croyance suggère qu’il est possible de conditionner la peur par un renforcement positif (le fait de rassurer le chien), ce qui est impossible, puisque la peur n’est pas un comportement, mais un état interne lié à des expériences passées négatives ou à une méfiance face à l’inconnu.

La peur s’extériorise certainement en comportements physiologiques (trembler, figer, fuir, foncer, se cacher…), mais il nous est impossible de provoquer la peur d’un chien sans lui présenter un stimulus aversif. On ne peut pas non plus conditionner la peur au moyen de récompenses.

Le plus souvent, un chien aura peur:

  • des inconnus
  • des enfants
  • des escaliers
  • des camions
  • des orages

3 étapes pour aider un chien craintif

  1. Mettez votre chien en présence d’un son, d’un mouvement ou d’une personne qui l’effraie. S’il demeure calme et détendu, donnez-lui tout de suite une friandise alléchante en guise de renforcement. Répétez pendant quelques jours. Pour que votre chien reste calme à cette étape, il est nécessaire de commencer l’exercice par un degré de difficulté très bas. On peut, par exemple, enregistrer le son problématique et le reproduire à un volume moindre que l’original, ou augmenter la distance séparant le chien de l’objet ou de l’individu qu’il craint. L’idée est de placer l’animal en situation de réussite; on veut qu’il réussisse chaque fois afin de pouvoir renforcer ses bonnes réponses, ses bons comportements.
  2. Mettez votre chien en présence d’un son, d’un mouvement ou d’une personne qui l’effraie. Attendez un peu pour voir s’il demeure calme et détendu, puis renforcez tout de suite son comportement. Répétez pendant quelques jours.
  3. Reprenez la deuxième étape en augmentant tranquillement le degré de difficulté (hausse du niveau sonore, réduction de la distance qui sépare votre chien du stimulus, etc.) jusqu’à ce qu’il ait surmonté sa peur.

Le but du contre-conditionnement est de changer, en quelques jours ou semaines, l’association négative que votre chien a faite avec le bruit, l’objet ou la personne qui l’effraie.

En présence des déclencheurs, votre chien vous regardera bientôt avec l’air de dire: «Je l’ai vu, je suis calme, tu me donnes quelque chose?» Et évidemment, vous renforcerez ce regard, cette bonne réaction, avec une récompense de choix. Après tout, vaincre ses peurs n’est facile pour personne, et votre chien est devenu un vrai champion!

Sachez également que moins votre animal participera à des activités (promenade, partie de jeux…) moins il deviendra sociable et ses capacités s’amenuiseront plus rapidement.

Si les peurs persistent et deviennent gênantes, consultez votre vétérinaire qui vous prescrira un traitement adapté.